Aller au contenu Aller au menu Aller au pied de page
Scarface, les Incorruptibles... et les autres.

Scarface, les Incorruptibles... et les autres.

Cours d’analyse de films de 4 séances par Olivier Lecomte
Scarface, les Incorruptibles... et les autres.

Plus qu’un autre genre, le film policier des années 30 a témoigné des soubresauts de la société américaine: les difficultés du melting pot, la Prohibition, le krach de 29 et la Dépression qui s’ensuit avant le redressement opéré par Roosevelt avec le New Deal. Le début de la décennie voit  l’âge d’or du film de gangsters (Little Caesar, Scarface…)  avant son retournement avec l’apologie des agents du FBI, les G-Men. Nous ferons aussi fréquemment des bonds en avant pour montrer comment les œuvres marquantes de cette période ont inspiré des classiques du film criminel comme Bonnie and Clyde, Il était une fois en Amérique, La nuit nous appartient…

La séance du 25 novembre est ou reportée, conformément aux mesures de sécurité prises par l'ULB

SEANCE 1 : LA SOIF DU MAL (18/11)
SEANCE 2 : PLUS DURE SERA LA CHUTE (25/11_>2/12)
SEANCE 3 : LES INCORRUPTIBLES (2/12_>9/12)
SEANCE 4 : L’ESPRIT DU NEW DEAL AU CINEMA (9/12_16/12)

 

SEANCE 1 : LA SOIF DU MAL (18/11)

Les films de gangsters du début des années 30 proposent une lecture de la Prohibition faite à partir du Krach de 29. Ils s’inspirent d’événements réels et récents, comme le massacre de la Saint-Valentin commandité par Al Capone mais dénoncent aussi la corruption des pouvoirs publics et de la presse. Ils reprennent le schéma des « success stories » de l’écrivain Horatio Alger, le fameux parcours des « haillons aux richesses », même si, censure oblige, le gangster se doit de mourir à la fin. Ce qui n’enlève rien à son aura auprès du public de la Grande Dépression.

SEANCE 2 : PLUS DURE SERA LA CHUTE (25/11_>2/12)

Après l’ascension, la dégringolade ! Little Caesar, Public Enemy, Scarface, pour ne citer que les trois classiques fondateurs du genre,  pointent ce qui va amener inexorablement la faillite de cette version noire du « self made man ». L’instabilité des rapports intra-gang, où montrer le moindre signe de faiblesse équivaut à une condamnation à mort, l’immaturité du gangster, souvent empêtré dans un complexe d’Oedipe mal résolu, et surtout son orgueil démesuré, l’empêchent de se maintenir au sommet. Bref, il ne sait pas s’arrêter et il finit par connaitre le même sort que ses concurrents éliminés.

SEANCE 3 : LES INCORRUPTIBLES (2/12_>9/12)

Face à l’engouement du public pour les gangsters de l’écran, la réaction des autorités ne se fait pas attendre. Dès 31, J.Edgar Hoover, le patron du Bureau Of Investigation (le futur FBI), condamne les films qui glorifient les délinquants. Il en va de même pour William Hays qui va donner son nom au code d’auto-censure appliqué rigoureusement par les studios dès 1934. Conséquence : les vedettes (James Cagney, Edward G.Robinson…) qui avaient incarné nos « Bad Men » se reconvertissent en « G-Men ». Place aux Incorruptibles et à la glorification des forces de l’ordre !

SEANCE 4 : L’ESPRIT DU NEW DEAL AU CINEMA (9/12_16/12)

Après l’élection de Franklin D.Roosevelt, l’abolition de la Prohibition et la mise en place du New Deal, des films réformistes sont mis en chantier qui analysent les responsabilités de la société en matière de criminalité. I’m a Fugitive from a Chain Gang de Mervyn LeRoy avait devancé ce courant en 1932 en dénonçant l’inhumanité du système pénitentiaire. La figure du gangster flamboyant façon Scarface disparaît… momentanément. Un signe qui ne trompe pas: on ose même la parodie, comme dans A Slight case of Murder où Robinson incarne un ex-trafiquant tentant, vaille que vaille, de rentrer dans le droit chemin.

– Olivier Lecomte

PAF : 5€ / 4€ membre PointCulture / 3€ étudiants / 15€ Cycle complet

En collaboration avec Le Cinéphage, ciné-club de l'ULB.

 

photo bio Olivier Lecomte

Licencié en philosophie, critique pendant vingt ans à (Télé)Moustique, Olivier Lecomte a dirigé le supplément belge du magazine Studio, collaboré à l’émission Télécinéma de La Une et a écrit pour Cinergie, L’événement, Dimanche Matin, Gaël… Ayant fondé le cours d’analyse de films La Toile filante (http://www.latoilefilante.be), il donne actuellement des formations à l’Université des Aînés (UCL), à PointCulture de l’ULB, à l’Ichec- Cultures, à l’Espace Delvaux, à l’Espace Senghor… Il anime régulièrement des rencontres publiques avec des cinéastes (Agnès Varda, Bertrand Tavernier, Claude Lelouch, Fernando Arrabal, Tony Gatlif, les frères Dardenne…) et a obtenu en 2005 le Prix de la critique décerné par la Communauté française.

Abonnez-vous à la newsletter Médiathèque Nouvelle

Nouvelles acquisitions, évènements, activités … Que vous soyez usager de la médiathèque ou professionnel de l'information, restez informé de toute notre actualité.
Je m’abonne en tant que :