Onirisme scandinave
Les Danois d’Efterklang ne manquent pas d’audace puisqu’ils se sont associés au très sérieux Danish National Chamber Orchestra pour une relecture intégrale de son album Parades (2007) enregistré avec une trentaine de musiciens, dont un quatuor à cordes, un quintette de cuivres et trois chœurs. Adulé par l’ensemble de la presse, Parades fut accueilli par des critiques dithyrambiques, telles que « l’album que Björk aurait aimé réaliser avec Vespertine » (Drowned In Sound) ou « tellement sensible et délicat qu’Efterklang ferait passer Sigur Ros pour du Whitesnake » (Resonance FM).
Autant dire que la barre était mise très haut quand le groupe s’est attelé à la lourde tâche d’arranger cet album pour la scène, et pas n’importe laquelle : commissionné par Karl Bjerre Skibsted, producteur du concert pour DR (radio nationale danoise), cet ambitieux projet inaugura le Koncerthuset, salle de spectacles ultramoderne conçue par l’architecte Jean Nouvel. Avec l’aide de l'arrangeur Karsten Fundal, du Danish National Chamber Orchestra, et du duo de designers Hvass&Hannibal aux costumes et à la scénographie, Efterklang a su transcender la magie de Parades, bravant toutes sortes de problème techniques au profit d'une œuvre commune.
Enregistré en concert lors de sa première à Copenhague le 26 septembre 2008, Performing Parades a depuis été accueilli dans d'autres salles prestigieuses. Et pour prolonger la magie à domicile, le film du concert - qui est sans doute le plus beau qu'il nous ait été donné de voir ces dernières années - accompagne ce live magistral.