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20 ans du Magasin 4 - jour 4
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Les 20 ans du Magasin 4, jour 4 (ou comment depuis le 5 septembre 2014, je suis intimement persuadé que le Singe est bien le meilleur ami de l’homme !)
Alors que l’espace commence à peine à se remplir ce vendredi, on ne peut s’empêcher de se faire la réflexion, dès que les se referment portes de la « terrasse » lors des prestations live « Dieu qu’il fait douf » dans ce Magasin 4 qui va bientôt transpirer d’une très saine énergie, hyper-communicative et joliment azimutée.
Et c’est à Mambo qu’échoit la tâche d’ouvrir le bal. De vieilles connaissances, l’autre moitié de Casse Brique (après La Pince) associée à une tripotée (3 donc) de malfaiteurs sonores localisés autour du label liégeois Honest House (Frank Shinobi, Volt Voice…). Du math rock instrumental bien fracturé, plus groove que technique finalement et teinté d’une belle humeur joviale, heureux contrepoint d’une musique que d’aucuns estiment rébarbative ou trop cérébrale. On pense parfois à Chevreuil avec plus de guitares en couches et moins de batterie algébrique, et toujours à leurs potes déclarés de Redneck Manifesto.

De retour avant un très prochain 3ème album à sortir sur le label bruxellois Cheap Satanism qui fête par ailleurs ses cinq ans d’existence, Joy as a Toy offre un bel aperçu des nouvelles bifurcations sonores prises par le trio. Plus pop et chantées dans la forme, les jointures rythmiques moins saillantes et guitares un poil plus éduquées mais toujours aussi insaisissables et progressives dans l’esprit (celui de 90 Day Men ou Tera Melos), les nouvelles compos ont l’étrangeté inventive d’une pop brésilienne expérimentale qui n’aurait jamais connu la douceur les tropiques. Ce soir, ils passent l’épreuve du feu des premières fois. C’est encore un peu timoré et étonnamment sage, mais enveloppé de la ferme promesse d’y revenir bientôt.

Puis place aux maîtres incontestés de cérémonie du jour, ces insubmersibles Messins doux dingues du Singe Blanc qui vont une fois de plus faire la preuve qu’ils sont le trio basses (2 pour rappel !)/batterie le plus formidable du monde. Toujours aussi incompréhensibles - leur langue de scène est un mélange de kobaïen et de sabir dothraki) - les Français transforment le rock mi-zouk/prog mi-jazz noise et farouche sur albums en une transe collective chaotique et décadente, une gigue toute aussi régressive que construite sur des enchaînements et variations de rythmes proprement hallucinants ! Comme si toute la technicité (non démonstrative) et l’inventivité lexicale de nos trois néanderthaliens drolatiques n’avaient « que » pour projet d’exprimer la part infantile qui sommeille en chacun ! Pari remporté, une fois encore, haut la patte !

Après ceci, les minauderies et déhanchements félins des Canado-Suisses de Peter Kernel avaient presque la saveur frustre des petits câlins du lendemain vite expédiés. Remontés en regard de leur set au Micro festival 2013, leur post-punk arty, saccadé sexué, et chaud comme une baraque à frites de PK offre quelques très beaux moments de complicité scénique, ainsi que quelques subtiles et ludiques variations des chansons de leurs deux disques, toujours aussi douées pour insinuer dans le cortex sans demander leur reste, mais qui pas un instant ensuite ne vous le feront regretter. Chez ce duo devenu trio sur scène, expérimental rime avec sacerdotal et coïtal !

Enfin, le trio Français Marvin avait la lourde tâche de refermer cette très réjouissante soirée. Ces natifs de Montpellier, cousins dans la démarche des Américains de Trans Am, y vont de leur electro/kraut/noise/prog/ (hard) rock passé au shaker, avec la conviction et la maestria percutante qu’on leur connaît, proposant une utilisation enfin supportable du vocodeur, et des plans de recyclage pas cons pour les antiques plans heavy metal (influence en hausse chez eux). On pense souvent à leurs amis d’Electric Electric, l’obsession du groove vicieux et martelé moins marquée, les accents mutins en sus (merci Emilie), mais on se dit alors qu’on approche tout doucement de la saturation…

Mais on reviendra bientôt !
YH.
Photos : Séverine Bailleux (merci à elle !) :
Pour en voir plus : http://cabarousse.tumblr.com/