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Arthur Verocai | Médiagraphie
Une médiagraphie réalisée à l’occasion de la Blackout Session du 25 février 2026 à l’Atelier 210 (Etterbeek), consacrée à l’album Arthur Verocai de Arthur Verocai (1972), en collaboration avec la Bibliothèque Hergé.
Arthur Verocai : Arthur Verocai – (Kindred Spirits, 1972)
Chef-d’œuvre de 29 minutes, remarquable par la finesse de ses arrangements et la richesse de ses textures sonores : cordes, guitares, pianos, breakbeats, lignes de basse et synthétiseurs accompagnent les voix sublimes de Célia, Carlos Dafe et Oberdan (Banda Black Rio), ainsi que les percussions de Pedro Santos et le saxophone de Paulo Moura. Bossa nova, samba, jazz, musique populaire brésilienne(MPB), psychédélisme et funk s’y côtoient avec une étonnante fluidité. Influencé par Milton Nascimento, Gil Evans ou Charles Stepney, Verocai compose une musique qui dépasse le cadre de la MPB sans jamais la renier. Un disque fondateur, à la fois intime et cinématographique.
ARTHUR VEROCAI
Gil Evans : Out of the Cool (Impulse, 1961)
Après avoir collaboré avec Miles Davis sur plusieurs projets déterminants pour l’émergence du cool jazz, le compositeur et arrangeur américain Gil Evans enregistre en 1960 l’album Out of the Cool, paru sur le label Impulse! Records. Souvent cité comme l’un des sommets de l’orchestration jazz, le disque se compose de morceaux dans lesquels le jazz modal se développe librement, avec des structures épurées, tout en conservant le sens du rythme hérité du swing. Cette manière de penser l’orchestre comme un espace de textures et de climats a exercé une influence durable sur le travail d’Arthur Verocai.
OUT OF THE COOL
Roberto Menescal: A Nova Bossa Nova (Elenco, 1964)
Né en 1937, Roberto Menescal est un guitariste, compositeur et producteur brésilien, pionnier de la bossa nova. Il a formé l’un des premiers groupes du genre en 1958, contribuant à le populariser. Auteur de classiques tels que O Barquinho et Jura de Pombo, Menescal a aussi été producteur et arrangeur pour de grands noms comme Gal Costa, Gilberto Gil et Jorge Ben. Son premier album solo et orchestral, A Nova Bossa Nova, est sorti en 1963. Arthur Verocai a commencé sa carrière en jouant de la bossa nova, se considérant comme un « enfant de la bossa nova » et disciple du maestro Menescal.
A NOVA BOSSA NOVA DE ROBERTO MENESCAL E SEU CONJUNTO
Antonio Carlos Jobim : Wave (A&M, 1967)
Toujours dans la lignée des maîtres et précurseurs de la bossa nova, Antonio Carlos Jobim est l’un des artistes brésiliens les plus respectés et mondialement repris. L’élégance harmonique et la fluidité de Jobim se retrouvent dans les orchestrations d’Arthur Verocai, qui s’inspire de cette subtile alliance de mélodie et de rythme. Son album Wave (1967), arrangé par Claus Ogerman et enregistré aux États-Unis avec des musiciens comme Ron Carter et Jerome Richardson, mêle bossa, samba et jazz avec raffinement. Une douce vague jazzy qui nous emmène vers les plaisirs des plages du Brésil.
WAVE
Rotary Connection : Black Gold: The Very Best Of (Chess / Universal, 1967–1973)
Charles Stepney fut arrangeur, producteur, multi-instrumentiste et compositeur, figure essentielle, mais longtemps restée dans l’ombre de la soul et du jazz. Son projet Rotary Connection, actif entre 1967 et 1971, occupe une place à part dans l’histoire de la musique noire américaine. Conçu autour de ses arrangements orchestraux et de la voix singulière de Minnie Riperton, le groupe mêle soul, rock et psychédélisme dans une forme de pop de chambre. Black Gold: The Very Best Of permet d’en saisir la cohérence et l’ampleur, en mettant en lumière une écriture orchestrale à la fois libre et rigoureuse, dont certaines intuitions trouvent un écho, quelques années plus tard, dans le travail d’Arthur Verocai.
BLACK GOLD: THE VERY BEST OF
Marcos Valle : Garra (Light in the Attic Records, 1971)
Publié en 1971, Garra est souvent considéré comme l’un des meilleurs albums de la discographie de Marcos Valle. Au début des années 1970, le compositeur s’éloigne progressivement de la bossa nova classique pour explorer une écriture plus ouverte, fusion de pop, samba, soul et funk, agrémentée de touches psychédéliques. Le disque aligne plusieurs titres emblématiques : Com Mais de 30, O Cafona, Vinte e Seis Anos de Vida Normal ou Wanda Vidal, tout en affirmant une conscience sociale, dans un Brésil soumis à la censure militaire.
GARRA
Milton Nascimento & Lô Borges : Clube da Esquina (Emi Hemisphere, 1972)
Clube da Esquina est le double album manifeste du collectif éponyme fondé par Milton Nascimento et Lô Borges à Belo Horizonte. L’opus est un condensé de musiques brésiliennes, de rock, de jazz et d’influences classiques, porté par les arrangements d’Eumir Deodato et Wagner Tiso, et la direction musicale de Paulo Moura. Sa pochette, immortalisant deux enfants de Minas Gerais, symbolise l’innocence au milieu de la dictature. Voix de falsetto, harmonies célestes et orchestrations raffinées font de ce chef-d’œuvre collectif un jalon incontournable de la MPB, à la fois sensible, mystique et profondément engagé.
MILTON NASCIMENTO, LÔ BORGES, CLUBE DA ESQUINA
Gal Costa : Índia (Mercury Brasil, 1973)
Gal Costa est une figure majeure du Tropicalismo et une voix centrale de la musique brésilienne moderne. Índia, son 4ᵉ album studio paru en 1973 chez Philips, est un chef-d’œuvre post-Tropicalismo, censuré à sa sortie pour sa pochette provocante. Le disque réunit un casting d’exception, parmi lequel Gilberto Gil, Arthur Verocai, Dominguinhos, Rogério Duprat et Tenorio Jr. Verocai a arrangé deux titres : Presente Cotidiano et Pontos de Luz. L’album fusionne MPB, folk, jazz, funk et rock, avec des touches tropicalistes et nordestines. Índia reste un classique incontournable, un cocktail de séduction et d’élégance.
ÍNDIA
Secos e Molhados : Secos e Molhados (Warner Brothers, 1973)
Secos & Molhados est le premier album du groupe éponyme et l’un des disques les plus singuliers de la musique brésilienne des années 1970. Porté par la voix aiguë et théâtrale de Ney Matogrosso, le trio formé avec João Ricardo et Gerson Conrad mêle rock, poésie et folklore dans un contexte de dictature. Le disque met en musique de grands textes de la littérature brésilienne et impose une esthétique visuelle et sonore radicale. Un manifeste à la fois populaire et audacieux, qui a marqué durablement l’histoire de la MPB.
SECOS ET MOLHADOS
Jorge Ben : A Tábua de Esmeralda (Philips Brasil, 1974)
A Tábua de Esmeralda est le onzième album studio de Jorge Ben et l’un des jalons majeurs de sa période la plus expérimentale, aux côtés de Solta o Pavão et África Brasil. Inspiré par l’alchimie, la théosophie et les écrits hermétiques, le disque tisse des orchestrations soignées au service d’un propos mystique et symbolique, sans jamais rompre avec le groove. Classé sixième parmi les plus grands albums brésiliens par Rolling Stone Brasil, il exerce une influence durable sur de nombreux musiciens, notamment Gilberto Gil et Arthur Verocai. Œuvre singulière et accessible, il marque un tournant décisif dans la trajectoire de l’artiste.
A TABUA DE ESMERALDA
Tim Maia : Racional Vol. 1 (Trama, 1975)
Figure indomptable de la soul brésilienne, Tim Maia découvre au début des années 1970 Universo em Desencanto, œuvre fondatrice de la Rational Culture. Il rompt alors avec sa vie d’icône de la scène carioca et adhère brièvement à ce mouvement spirituel. Entouré de ses musiciens, il enregistre Racional Volumes I & II (1975-1976) sur son label Seroma. Funk, soul et arrangements luxuriants portent un message cosmique singulier. Quelques mois plus tard, Maia quitte la doctrine et renie cette période, laissant derrière lui deux albums devenus cultes.
RACIONAL VOL.1
Elis Regina : Falso Brilhante (Philips Brasil, 1976)
Publié en 1976, Falso Brilhante d’Elis Regina prolonge sur disque le spectacle présenté à São Paulo en pleine dictature militaire. Conçu collectivement, mis en scène par Myriam Muniz et dirigé musicalement par Cesar Camargo Mariano, le projet associe théâtre et chanson pour dresser une rétrospective engagée de la carrière de la chanteuse. Enregistré en deux jours, l’album rassemble des titres marqués par la contestation, dénonçant la censure, la résignation sociale et les atteintes aux libertés. Derrière l’éclat du titre se révèle une œuvre tendue, où le succès populaire dialogue avec l’exigence politique.
FALSO BRILHANTE
Ivan Lins : Os Originais: Nos Dias de Hoje (Emi Brasil, 1995)
S’il fallait désigner l’une des voix les plus élégantes de la MPB, Ivan Lins figurerait sans conteste parmi les incontournables. Chanteur et pianiste, Lins compose avec une finesse mélodique rare, à l’image de son grand classique, la délicate et raffinée Madalena. En 1978, il signe Os Originais : Nos Dias de Hoje, album dans lequel il réinterprète le répertoire du groupe Os Originais do Samba. Pour ce projet, il s’entoure d’un jeune arrangeur prometteur, Arthur Verocai, qui y déploie déjà toute sa science orchestrale, fusionnant samba, jazz et textures cinématographiques. Les deux artistes se retrouveront près de trente ans plus tard sur l'album de retour de Verocai, Encore (2007).
OS ORIGINAIS: NOS DIAS DE HOJE
Erasmo Carlos : Minha História : Erasmo Carlos (Verve, 1994)
Figure légendaire du rock brésilien et pilier de la Jovem Guarda, Erasmo Carlos s’est imposé comme un pionnier du genre, notamment grâce à ses fructueuses collaborations avec Roberto Carlos. Son recueil Minha História, parue en CD en 1994 chez Philips/PolyGram, condense en quatorze titres l’essentiel de ses grands succès. Son lien avec Arthur Verocai s’est noué autour de l’album révolutionnaire Carlos, Erasmo (1971), premier opus du chanteur sous le label Phonogram, auquel celui-ci a contribué en tant qu’arrangeur. Erasmo incarne un autre versant de la musique populaire brésilienne, mais partage avec lui un univers artistique façonné par les mêmes réalités industrielles et populaires.
MINHA HISTORIA: ERASMO CARLOS
Johnny Alf : Eu e a Brisa (Imagem, 1986)
Compositeur discret mais essentiel, Johnny Alf fut un précurseur de la bossa nova, bien avant que João Gilberto et Tom Jobim n’en fixent les contours. Sous-estimé, il a insufflé une nouvelle manière de chanter et de composer, porteuse de l’essence du cool jazz sous le ciel de Rio. Son œuvre a traversé les décennies : si son titre Rapaz de Bem (1953) marque l’acte de naissance d’une élégance nouvelle, il a fallu attendre la réédition de son album Eu e a Brisa en 1986 pour que son génie trouve enfin un écho à la mesure de son influence. Cet héritage spirituel irrigue encore aujourd’hui la musique brésilienne.
EU E A BRISA
Ed Motta : Aystelum (Beleza Records, 2005)
Neveu de Tim Maia, Ed Motta est une figure majeure de la musique brésilienne contemporaine. Aystelum, son neuvième album studio, compte parmi ses projets les plus exigeants. Il prolonge l’approche amorcée sur Dwitza, en s’éloignant des formats funk et pop qui ont fait sa popularité pour explorer des territoires plus instrumentaux et expérimentaux. Nourri de spiritual jazz, de soul brésilienne, de bossa nova et d’ambiances cinématographiques, l’album révèle un compositeur-arrangeur d’une rare érudition. Cette exigence formelle et cette maîtrise orchestrale l’inscrivent directement dans l’héritage d’Arthur Verocai, autre architecte d’une musique brésilienne savante, libre et profondément moderne.
AYSTELUM
BADBADNOTGOOD : IV (Innovative Leisure, 2016)
Originaire de Toronto, BADBADNOTGOOD est un collectif né de la rencontre de Matthew Tavares aux claviers, Chester Hansen à la basse, Alex Sowinski à la batterie et Leland Whitty au saxophone. Porté par un goût affirmé pour l’expérimentation et la narration musicale, le groupe développe une approche orchestrale qui fait écho à l’univers d’Arthur Verocai, avec lequel il engagera une collaboration quelques années plus tard sur Talk Memory (2021). Sorti en 2016, IV reflète déjà cette démarche dans une exploration post-genre qui fusionne improvisations jazz, ballades, krautrock et rythmiques futuristes teintées de hip-hop.
IV
Rogê : Curyman (Diamond West Records, 2023)
Depuis plusieurs années, Rogê s’est imposé comme une figure incontournable de la scène musicale de Rio de Janeiro, avec son samba-funk et sa voix soul éraillée. Curyman, son premier album enregistré aux États-Unis et produit par le guitariste Tommy Brenneck, évoque la samba pop brésilienne des années 1970. Arthur Verocai signe les arrangements orchestraux de plusieurs morceaux de cet album, ainsi que de Curyman II (2024), où ses cordes enrichissent avec finesse l’écriture de Rogê.
CURYMAN
Compilation : Les Précurseurs de la Bossa Nova 1948–1957 (Frémeaux & Associés 2008)
Avant le disque Chega de saudade de João Gilberto, qui marque historiquement la naissance de la bossa nova, il existait déjà une esthétique très proche. Cette compilation retrace la décennie qui a précédé son émergence et présente tous les grands noms de cette période, tels que Dick Farney, Silvia Telles, Lucio Alves et Johnny Alf. Arthur Verocai s’inscrit dans cette histoire longue de la musique brésilienne, dont il hérite autant qu’il s’en émancipe.
LES PRÉCURSEURS DE LA BOSSA NOVA 1948-1957
Compilation : 30 Anos de Jovem Guarda: Os Reis do Iê-Iê-Iê (Polydor Brasil, 1995)
Cette compilation met en lumière l’autre versant de la musique populaire brésilienne des années 1960, en regard duquel Arthur Verocai a développé une esthétique plus introspective et orchestrale. La Jovem Guarda désigne d’abord une émission de la TV Record lancée en 1965, animée par Roberto Carlos, Erasmo Carlos et Wanderléia, avant de devenir le nom d’un mouvement musical inspiré du rock’n’roll américain. Elle laissera une empreinte durable sur la musique brésilienne, notamment par l’intégration des instruments électriques.
30 ANOS DE JOVEM GUARDA: OS REIS DO IÊ-IÊ-IÊ
BIBLIOGRAPHIE
MPB : musique populaire brésilienne
Catalogue sous la dir. de Dominique Dreyfus
Paris : Réunion des musées nationaux ; Cité de la Musique, 2005
Au Brésil, pays métissé s’il en est, tandis que la langue nationale a mis des siècles à s’imposer, la musique a précocement favorisé le dialogue (naturel ou forcé) entre les communautés. En une douzaine de contributions interdisciplinaires, ce catalogue d’exposition publié en 2005 retrace la dynamique de ces échanges, depuis les courants fondateurs (choro, samba, baião et bossa nova) jusqu’à la constitution de la MPB (musique populaire brésilienne) en 1965, et des tendances plus contemporaines. Illustré de photos, peintures et objets divers, l’ouvrage est aussi étoffé d’une chronologie et d’un glossaire très bienvenu.
(D.d.L.
Fin
Fernanda Torres
Paris : Gallimard, 2013
Avec Fin, l’emblématique comédienne Fernanda Torres fait ses débuts dans la carrière romanesque. Son récit éclaté entrelace la destinée de cinq amis pendant « l’âge d’or de Copacabana ». Dans une ambiance tragi-comique, les épisodes de libération (et d’orgies) sexuelle cèdent la place aux trahisons et aux désillusions, le tout sur fond de drogue et de musique (Elis Regina, Dolores Duran, Vinicius de Moraes, Maysa Matarazzo, Nara Leão …) en arrière-plan. L’ensemble constitue un témoignage qu’on trouvera au choix (ou à la fois) subtil, drôle, cynique, vulgaire, désenchanté, flamboyant, racoleur… d’une époque mythique.
(D.d.L.)
Orfeu Negro
Violante Do Canto
Paris : Seghers, 1959
En 1956, bénéficiant de la collaboration de Tom Jobim pour la composition des chansons et de l’architecte Oscar Niemeyer pour les décors, Vinicius de Moraes, poète, diplomate et musicien brésilien, concrétise sur les planches sa pièce Orfeu Da Conceição, transposition du mythe d’Orphée dans les favelas de Rio. Alors que le spectacle sera porté à l’écran avec grand succès par Marcel Camus sous le titre Orfeu Negro, popularisant la bossa nova dans le monde entier, le livret ne sera jamais traduit littéralement en français (?), carence honorablement compensée par cette novélisation parue dans la foulée du film…
(D.d.L.)
Brasil : a música
Jean-Paul Delfino
Marseille : Editions Parenthèses, 1998
Adolescent, Jean Paul Delfino, auteur provençal éclectique et prolifique, subit une « décharge électrique » émotionnelle en découvrant la guitare acoustique de João Gilberto. Le Brésil devient alors le cœur de ses publications. Outre une Suite brésilienne romanesque de neuf tomes, il signe ainsi de nombreux documentaires musicaux. Parmi ces derniers, les anthologies Bossa nova et Couleur Brasil (qui raconte la musique brésilienne en 40 chansons) et ce panorama global, qui fait voisiner - via entretiens et textes de chansons - les styles les plus contemporains avec les courants « racinaires » (modinha, lundu, frevo…)
(D.d.L.)
Le son du Brésil
Chris McGowan & Ricardo Pessanha
Paris : Lusophone, 2000
Le son du Brésil n’est pas récent (il date de 1991) mais il reste un ouvrage de référence. Chris McGowan et Ricardo Pessanha y retracent cinq siècles de musique populaire brésilienne, des modinhas aux scènes de la fin du XXe siècle. Ils explorent samba, bossa nova, MPB (Música popular brasileira), jazz, rock tropicaliste, axé (emblématique du carnaval brésilien) et musiques du Nordeste, en les reliant à l’histoire sociale et aux enjeux de race et d’identité. Complété par un glossaire et une discographie, le livre offre une porte d’entrée richement documentée dans l’univers musical du Brésil.
(F.d.H.)
Vive le peuple Brésilien
Joao Ubaldo Ribeiro, traduit du brésilien par Jacques Thiériot
Paris : Le Serpent à plumes, 1999
Vive le peuple Brésilien est un livre assez inclassable. Il retrace, à travers un récit polyphonique et chaotique, la violence fondatrice du pays, des invasions coloniales à la dictature militaire. On suit différentes lignées de personnages sur plusieurs siècles, qui, à travers des réincarnations, naviguent entre deux pôles historiques. D’un côté, la descendance métisse issue des premiers habitants et des esclaves porte la mémoire populaire. De l’autre, la lignée d’un propriétaire terrien sans scrupules incarne la formation d’une élite qui bâtit sa fortune sur la guerre, la fraude et l’exploitation.
(F.d.H.
Brésil : dans les pas du géant
Patrice Montagu-Williams
Paris : Nevitaca, 2017
Brésil : dans les pas du géant est un essai vif et accessible qui tient plus du décodeur culturel que du guide touristique. Porté par le regard d’un voyageur de longue date sur ce pays géant, en juste 96 pages, Montagu-Williams fait sentir les contrastes du Brésil, des plages d’Ipanema aux marges amazoniennes à travers de courts chapitres et des entretiens. Si l’ensemble reste parfois trop allusif pour qui cherche une analyse géopolitique approfondie, la concision, le ton léger et la capacité de « faire voyager intelligemment » en font une introduction stimulante pour les lecteurs curieux.
(F.d.H.)
Tonton couture : une histoire au bord du fleuve Sao Francisco
Eymard Toledo, traduit du brésilien par Paula Anacaona
Paris : Anacaona éditions, 2017
Tonton couture est un album jeunesse lumineux et coloré, aux illustrations mêlant dessins et collages. Eymard Toledo décrit la vie d’un vieux couturier et de son neveu dans un petit village brésilien, le long du fleuve São Francisco. Avec l’arrivée d’une usine et de la fabrication des uniformes des ouvriers, leur vie va changer. Mais ils vont trouver une jolie solution à leurs problèmes. À hauteur d’enfant, le récit aborde la mondialisation, la pollution et la délocalisation, sans jamais sombrer dans le prêche. Cette fable écologique, inspirée de faits réels, a été récompensée par plusieurs prix.
(F.d.H.)